Admise au centre hospitalier de Pikine pour des raisons que le secret médical ne permet pas de révéler, l’odyssée d’une jeune femme aura, en définitive, été digne de celle d’une prévenue. Interdite de mouvement depuis plus de 4 semaines et surveillée par des « geôliers » d’un genre particulier, Soukeyna Diouf était soit enfermée dans une salle de soins, soit dans un bureau, pour n’avoir pu s’acquitter de la somme de 170.000 F cfa constituant ses frais d’hospitalisation, selon nos confrères de Libération.

D’origine modeste, elle n’a finalement dû son salut qu’à l’avance de son non moins nanti époux d’un montant de 70.000 F cfa qui lui a, enfin, permis de regagner son domicile.L’administration du centre hospitalier a cependant imputé la responsabilité de l’épreuve subie par la malheureuse à Alassane Bâ, son mari, qui n’a pas voulu déférer aux multiples convocations pourrèglement de la note. Le service social de l’institution aurait peut-être pu trouver un modus vivendi malgré ses maigres moyens, a soutenu un responsable de l’administration. Cependant, la pauvre jeune dame continue de ressasser son amertume, car n’ayant pas encore vu le bout du tunnel, bien que libre. Et pour cause, son mari devra encore, sauf extraordinaire, débloquer le reliquat de 100.000 F cfa toujours dû à l’hôpital de Pikine.