Funérailles à la Churchill pour Margaret Thatcher

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  • Le cercueil de Margaret Thatcher dans la cathédrale Saint Paul, sous les yeux de la reine Elizabeth et de Mark Thatcher (à droite), fils de l'ex-Premier ministre. Les obsèques, solennelles et grandioses, de Margaret Thatcher se sont déroulées mercredi à Londres en présence de dirigeants du monde entier, à peine troublées par quelques sifflets venus rappeler la personnalité controversée de la "Dame de fer". /Photo prise le 17 avril 2013/REUTERS/Paul Edwards/Pool

    Reuters/Reuters – Le cercueil de Margaret Thatcher dans la cathédrale Saint Paul, sous les yeux de la reine Elizabeth et de Mark Thatcher (à droite), fils de l’ex-Premier ministre. Les obsèques, solennelles …plus 

  • LONDRES (Reuters) – Les obsèques, solennelles et grandioses, de Margaret Thatcher se sont déroulées mercredi à Londres en présence de dirigeants du monde entier, à peine troublées par quelques sifflets venus rappeler la personnalité controversée de la « Dame de fer ».

Hymnes, honneurs militaires, rires et larmes: les funérailles de celle qui dirigea le Royaume-Uni de 1979 à 1990, ont été comparables en importance à celles de Winston Churchill, son héros, il y a près d’un demi-siècle, en 1965.

Le cercueil de l’ex-Premier ministre conservatrice, recouvert de l’Union Jack, a été transporté sur un attelage tiré par des chevaux, du Parlement de Westminster jusqu’à la cathédrale Saint Paul. Il a été ensuite porté par un groupe de soldats et de marins à l’intérieur de la cathédrale pour un service auquel assistait la reine Elisabeth.

Des milliers de partisans s’étaient massés sur le parcours du cortège, certains lançant des roses bleues. Ses opposants entonnaient « Ding, Dong, la sorcière est morte », chanson tirée du film Le Magicien d’Oz. D’autres se sont détournés ou ont sifflé au passage du cercueil.

Dans la mort, comme de son vivant, la « Dame de fer » disparue le 8 avril à l’âge de 87 ans, divise les Britanniques.

Ses partisans la voient comme la championne des réformes et d’un libéralisme sans entrave tandis que ses opposants se souviennent de sa volonté d’en découdre avec les syndicats et de privatiser sans limites, inaugurant une ère d’avidité financière dont l’apogée sera la crise financière de 2008.

Le défilé solennel à travers Londres a été ponctué de salves tirées toutes les minutes de la Tour de Londres. Les célèbres cloches de Big Ben ont été réduites au silence pour la première fois depuis les funérailles de Churchill.

Aux airs de Beethoven, Mendelssohn et Chopin joués par les musiciens de l’armée britannique -plus de 700 militaires participaient à la cérémonie- se mêlaient des applaudissements de la foule. Durant le service funéraire de Margaret Hilda Roberts, dirigé par l’évêque de Londres Richard Chartres, le ministre des Finances, George Osborne, n’a pas caché ses larmes.

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Nombre de Britanniques ont vu d’un mauvais oeil le coût élevé de ces funérailles, évalué à 10 millions de livres (près de 12 millions d’euros) aux frais du contribuable.

Ses admirateurs, en revanche, estiment que le rôle joué par « Maggie », première femme, et à ce jour la seule, à avoir dirigé un gouvernement britannique, justifiait une telle cérémonie.

« Elle a fait des choses extraordinaires dans sa vie », a déclaré le Premier ministre, David Cameron. « Ce qui se passe aujourd’hui est tout à fait ce qui convient et ce qui est juste », a ajouté le chef des Tories, le Parti conservateur que Margaret Thatcher mena trois fois à la victoire.

Plus de 2.300 personnalités ont assisté aux obsèques, parmi lesquelles 11 chefs de gouvernement en exercice, mais aussi tous les membres du gouvernement britannique, deux chefs d’Etat et 17 ministres des Affaires étrangères.

L’ancien secrétaire d’Etat américain Henri Kissinger était également présent. Au total, 170 pays devaient être représentés.

La délégation des Etats-Unis était conduite par George Shultz, secrétaire d’Etat sous Ronald Reagan, dont la politique fut très proche de celle de Margaret Thatcher, ainsi que par James Baker, qui exerça de hautes fonctions sous les administrations de Reagan et de George Bush père. En revanche, aucun membre de l’administration Obama n’avait fait le déplacement.

La France, qui elle non plus n’avait envoyé aucun membre de l’exécutif, était représentée par la députée socialiste Elisabeth Guigou, ancienne ministre et présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

L’ambassadeur d’Argentine, pays avec lequel Margaret Thatcher entra en guerre en 1982 au sujet des îles Malouines, avait décliné l’invitation à la cérémonie, la présidente argentine Cristina Fernandez, n’ayant pas été invitée à la demande de la famille de Margaret Thatcher.

Autre absent de marque, l’ancien numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev. A 82 ans, sa santé fragile ne lui a pas permis de faire le voyage à Londres. Margaret Thatcher fut l’une des premières à l’Ouest à juger que le père de la Glasnost et de la Perestroïka était quelqu’un de fréquentable.

Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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