Emprisonnement pour pédophilie et violence sur mineures sur plus de 50 enfants : La Razzia sexuelle de Ndiaga Niane

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Au Quartier Nietty Mbar à Pikine, Ndiaga Niane, un «instituteur» maniaque sexuel a abusé de plusieurs dizaines de filles et défloré deux d’entre elles avant de tomber entre les mains de la police. Alors qu’il passe auprès des parents d’élèves pour un génie de l’enseignement primaire, ses élèves racontent une bête du sexe aux pratiques hallucinantes qui ont plongé le quartier dans l’horreur.

La ruse est d’un classique dont les annales des maîtres d’école pédophiles ont longtemps vanté le succès. Mais auprès de A. C. elle est loin d’être cousue de fil blanc. In­ca­pable qu’elle est de comprendre, du haut de ses 12 berges, que l’ordre péremptoire lâché par Ndiaga Niane son mentor à l’école élémentaire Thierno Salif Ndongo B du Quar­tier Nietty Mbar (littéralement Quartier des trois huttes) était garni de sous-entendus perfides et de desseins inavouables. Pour A.C. la corvée de venir bala­yer seule la poussière de la salle de classe est presque un gâteau de­vant les calculs savants où se mê­lent décimètres cube, nombres com­plexes, portes surmontées d’un demi-cercle et fût percé de trous. Résolument, elle commence à asperger d’eau le plancher de la salle sous le regard sévère de Ndiaga Niane. Peu après, les événements s’enchaînent rapidement et A.C. se retrouve assise sur les jam­bes de son maître qui entreprend de lui caresser les seins et le sexe. Ndiaga Niane vient d’épingler à son tableau de chasse déjà bien garni, une autre petite victime.

Cheikhou, papa de la petite fille n’est toujours pas revenu des profondeurs de la tourmente dont cette affaire l’a plongé. Dans le quartier de Nietty Mbar perdu dans les profondeurs de la banlieue de Dakar, il peine maintenant à promener sa silhouette. Retran­ché dans sa demeure aux murs branlants et rafistolés, il ressasse de façon inlassable les faits : «A.C. est la fille aînée, elle a 12 ans. Je suis loin d’être un père de famille négligent et je suivais de près mes filles parce que j’ai eu moi-même une enfance difficile. J’ai toujours soupçonné quelque chose avec son maître encadreur Ndiaga Niane. A travers son comportement, je me disais qu’il y avait forcément anguille sous roche. J’ai commencé à avoir la puce à l’oreille quand, de retour de ses cours du soir, elle a commencé à se plaindre de maux de ventre, de douleurs aux jambes. Je l’ai amenée chez un médecin qui lui a prescrit maintes ordonnances. Pourtant ma fille maigrissait à chaque jour, elle perdait l’appétit. Elle revenait de l’école déprimée, abattue, le moral sur les talons. Le dimanche 7 avril dernier il y a eu une fête à leur école. Je l’ai laissée partir avec ses sœurs et une de ses amies. Mais après la dernière prière de la journée, vers 9 heures le soir, elle n’était toujours pas rentrée. J’ai pris une voiture et je suis allé à son école m’enquérir de la situation.»

Incroyable perversion

Cheikhou Camara trouve Ndiaga planté devant la porte d’une salle de classe. Après lui avoir demandé des nouvelles de sa fille, ce dernier lui rétorque qu’elle est derrière la salle. Cheikhou soupçonneux raconte : «Il m’a dit que ma fille n’avait pas voulu le saluer et qu’il l’avait même menacé de la corriger. Mais je soupçonnais quelque chose alors une fois à la maison, j’ai décidé de cuisiner ma fille. Je lui ai posé maintes questions et finalement elle est passée à table. Elle m’a raconté que son maître encadreur l’avait forcé à s’asseoir sur ses jambes et avait entrepris de la caresser aux seins et aux parties génitales. Elle m’a avoué qu’elle en était victime depuis la classe de Cm1. Je n’en revenais pas.»

Quelques heures après, plusieurs langues se sont déliées et les secrets intimes de Ndia­ga l’encadreur étalés sur la place publique. Six fil­lettes ont confessé à leurs pa­rents les abominables sévices se­xuels que leur faisait subir leur bourreau. Elles viennent de Djeddah Thiaroye Kaw, Gounass, Nietty Mbar et leurs déclarations devant l’inspecteur venu enquêter sur l’affaire sont sidérantes. Ndiaga Niane tombe le lundi suivant. Un mania­que sexuel aux goûts lubriques portés vers les minettes est à l’ombre.

Le bonhomme savait mâter son monde. Aux yeux des parents d’élèves et notables du quartier, son image passe. Cheikhou Camara explique : «Il lui arrivait de se pa­vaner dans les rues avec une grosse cravache à la main, les enfants courant derrière lui de peur d’écoper une branlée.» Sous les regards des parents qui ont adhéré à son jeu, il est la représentation idéale de l’éducateur, badine toujours droite, traits immensément sé­rieux, rire caustique et rarissime, vêtements frustes, fouettard à souhait et en surprime les bons résultats. Pendant ce temps-là, il se tapait les mioches en toute impudence. Pour couronner le tout, du haut de son estrade d’instit’, il lâchait souvent à ses élèves : «Je ne peux pas aller en prison. Si j’y vais ce sera à cause de mes élèves.»

Sa sympathie auprès des pa­rents, il l’avait forgée aussi grâce à la tontine qu’il a créée entre ses élèves. A raison d’une cotisation journalière de 25 francs Cfa par jour, ces derniers pouvaient, la fin de l’année, pavoiser dans des tenues d’apparat qui force l’admiration des élèves des autres classes. «Il savait comment attirer à lui les enfants. Ce genre de pratiques lui réussissait fort bien» assure un autre parent d’élève. Pour Cheikhou Camara «c’est le genre d’homme capable de tirer bénéfice de l’attachement que les enfants peuvent avoir envers lui».

Des générations de victimes

Les conséquences sont désastreuses. Plusieurs dizaines de filles ont été abusées sexuellement et deux d’entre elles ont subi une défloration de l’hymen. Cheikhou Camara soutient : «Il a fait ces pratiques-là sur plusieurs générations. Il n’en était pas à son coup d’essai. C’est parce que les filles étaient terrorisées qu’il s’en est toujours tiré.» Ses ruses sont grossières. Un parent explique : «Il a des ruses vieilles comme le monde. Il lui arrivait d’écrire sur une feuille de papier blanche un nom avec une bougie. Là évidemment rien ne transparaît et la fille pouvait constater que la feuille était restée immaculée. Puis il lui demande d’apporter de la poudre de charbon de bois. Quand il la verse dessus, le nom apparaît. C’était une supercherie qui, aux yeux des enfants était de la magie.» A.C. expli­que : «Il lui arrive aussi de nous demander de venir le rejoindre après la descente. Là il est seul dans la classe. Il abuse de nous. Il me demandait aussi de rester pour balayer la classe afin d’être seul avec moi.» Quand les enfants résistent dans un sursaut instinctif, il sait les contrôler en  surfant sur ses prétendus pouvoirs mystiques. Sa me­nace à peine voilée était du genre : «Fais gaffe, si tu me balances, tu mourras et ton papa aussi. Mais surtout tu ne réussiras jamais dans les études. J’y veillerai.»

Fort de ses succès, Ndiaga, l’esprit de plus en plus perverti, poussait le bouchon toujours plus loin. Les petites séances après les cours ne lui suffisent plus. Il relève le goût avec un penchant à l’exhibitionnisme. Devant les 54 élèves de la classe de Cm2, il avait réussi à faire céder la barrière de pudeur. A.C. dit : «Il nous faisait comprendre que chacun aura son tour. Il lui arrivait de déshabiller l’une des filles ou de procéder à des attouchements impudiques devant la classe. Il lui arrivait aussi de nous demander de l’embrasser, mais aussitôt après, nous crachions par terre parce qu’il est édenté. Souvent il frottait son sexe contre mon sexe.» L’enseignant leur apprend à être coquines. Souvent en toute innocence, elles rivalisaient avec leurs copines en se vantant d’être l’élue du maître. Ces petites discussions entre fillettes étaient agrémentées de commentaires du genre : «Il m’a tellement trituré les seins que j’en ai eu mal.»

Un maniaque en puissance

L’instituteur savait être à la fois caressant et féroce. A.C. minaude presque : «Quand il tente de faire des attouchements sur moi et que je refuse, le lendemain, il me sert une série de quatre opérations très difficiles. Quand je fausse l’une d’elles je suis bien corrigée avec la cravache en lanière de pneu qu’il a achevé de tremper dans l’eau pour éponger le tableau.» Ndiaga Niane opère en méthodiste. Rien ne lui échappe. Ses actes sont calculés et planifiés comme ses cours. Aucune approximation. Sa première réussite a été de se forger un portrait séduisant. Ndiaga est le prototype du maître d’école des temps pré-indépendance et post-indépendance. Sa notoriété, il l’a acquise avec force persévérance. Ses petites parties de plaisir, il se l’est confectionné grâce à une stratégie quasi infaillible. Aux yeux des mioches, Ndiaga Niane est un génie, non seulement pourvu de la capacité à leur inculquer les rudiments de l’arithmétique et de la géométrie, mais aussi capable de «choses mystiques». A la veille des compositions ou des examens, le rituel est encore plus relevé. Le parent d’une victime accuse : «Des fois, il disait qu’il devait faire prendre aux élèves des bains mystiques pour attirer sur eux la chance et la réussite. Les enfants devaient aller rejoindre un marabout du nom de Anna Ndiago qui habite aux Hlm Grand Yoff. Mais auparavant les enfants devaient passer une nuit dans sa maison. C’est là qu’il en profite pour les répartir en filles et garçons. La nuit venue, il interpelle la fille sur laquelle il avait jeté son dévolu et commence sa partie de plaisir.» Etrangement, presque tous ses élèves réussissent à leur examen. Coïncidence ? Habileté ?

Cette affaire a fini de révulser Cheikhou Camara qui reste cloîtré chez lui. Ses soucis quotidiens dans la galère de Nietty Mbar ont été relégués au second plan. Aujourd’hui, l’avenir de ses filles le préoccupe. Il assu­re : «J’irai jusqu’au bout, je ne lâcherai pas cette affaire. Des destins ont été violés. Le médecin m’a dit que ma fille avait eu de la chance parce qu’elle avait finalement parlé. J’en suis mortifié quand je pense à toutes celles qui en ont été victimes.» Sa fillette qui était une bonne élève et qui titillait toujours les premières places dans sa classe a de façon subite arrêté l’école. Son papa meurtri confesse : «Dernièrement elle s’est classée 3ème de la classe. Là elle ne veut plus retourner dans cette école. J’ai cherché à lui en trouver une autre, mais elle est très affectée par le traumatisme de l’école Thierno Salif Ndongo. Les autres filles qui ont été victimes des sévices de l’encadreur ne veulent pas non plus y retourner. (Mais) je continue quand même à garder espoir.»

 

 
source: Lequotidien
 

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