DANS L’ANTRE DES ACTEURS DE #DINAMANEKH: Daro, Fodé, Mounass et Adji se content


DANS L’ANTRE DES ACTEURS DE #DINAMANEKH: Daro, Fodé, Mounass et Adji se content

«Dinama nekh est une satire sociale. Car 90% des femmes sénégalaises font le mbarane.» Cette déclaration de Metzo Diatta résume l’œuvre de la série «Dinama nekh». Cette série diffusée sur la Sen Tv les mercredis et les samedis, est au top. Les deux actrices principales, Daro et Mounass, y jouent le rôle de «Mbaraneuses», des filles qui se jouent des hommes. Tous les moyens sont bons. L’essentiel c’est de se remplir les poches. Entre tournage, stress, fous rires, les acteurs de «Dinama nekh» se livrent à L’Obs.

Démarche lente, comme si elle marchait sur des œufs, Daro Thiam descend les escaliers de la maison de tournage de la série «Dinama nekh». Sourire en coin, elle prend tout son temps pour faire remarquer sa mise bien soignée. «Ah Daro, tu es bien habillée là», lancent en chœur ses collègues. Très à l’aise, elle écarte largement ses bras comme pour faire admirer son habillement, souriant de plus belle. «Ce n’est qu’un début, après je vais changer de look», assure-t-elle, derrière son visage maquillé à outrance. Très simple dans un top vert-saumon sur un leggins noir qui tombe sur des ballerines de la même couleur, son petit visage barré de grosses lunettes couleur marron, Daro déroule sans gêne, ôtant des rires à toute l’assistance. Mais, aussitôt arrivée, elle disparaît sans prévenir. Seul le son de sa voix se fait entendre. On se prépare à entrer en scène. L’heure du tournage va bientôt sonner. Leuz, réalisateur de la série, fait des va et vient incessants. Tantôt il répond au téléphone, tantôt il joue avec ses «dread locks». Le matériel est en place et les techniciens sont aussi sur place. Les autres acteurs de la série se font désirer. Maïmouna, la copine de Daro, joue à cache-cache avec ses hôtes du jour. Difficile de mettre la main sur elle. De loin, on aperçoit Fodé, tout de blanc vêtu, qui traine un peu partout. Comme s’il cherchait un objet de valeur, on le retrouve partout : dans le salon, dans une chambre, dans la cour, devant la porte de la maison, Fodé semble être un touche à tout. Commerce facile, il sert du thé à toute la maisonnée, avant de prendre place sur une chaise installée dans la cour. «Le tournage va démarrer dans quelques minutes, il faut faire vite. Nous n’avons pas assez de temps», informe le chanteur, Metzo Diatta, producteur de la série. Daro et sa troupe font ainsi une course contre la montre. Ils n’ont aucun moment de répit. «Il faut appeler Daro, nous allons commencer», crie Leuz en s’installant sur un banc. Daro réapparaît tenant un sac à main blanc orné de punaises, elle détonne d’énergie. Son apparition provoque toujours des rires fous. Mais elle reste concentrée sur l’objectif. Après avoir religieusement écouté les instructions de Leuz, elle ôte ses lunettes et se met à la tâche. «Action», lance le réalisateur pour siffler le début des choses sérieuses. Derrière la porte, Daro se positionne. Au signal de Leuz, elle entre, l’air fatigué. A peine assise, on sonne à la porte. Elle se précipite pour ouvrir. «Stop, on recommence», ordonne Leuz. Des correctifs sont apportés. On suggère à Daro d’être plus lente en ouvrant la porte, avec la complainte à la bouche. Celle-ci acquiesce de la tête et donne aussi ses astuces. On valide et on recommence. Même séquence, mais cette fois-ci, Daro réussit son coup. Dans cet épisode, elle doit convaincre un certain Badou, qui viendrait des Etats-Unis et qui serait un ami d’enfance de Maïmouna. En fin «Mbaraneuse», elle fera tout pour qu’elle et sa copine, Maïmouna, puissent bénéficier des largesses de Badou, mais c’est sans compter avec la présence de Jay-Z, le fameux rappeur de la série. Fodé, qui n’est pas encore entré en scène, regarde les choses de loin. Maïmouna, elle, refuse toujours de descendre. Après les répétitions, on passe aux choses sérieuses. Mais Daro, elle, continue à faire rire ses collègues, comme elle le fait tous les mercredis et samedis sur la Sen Tv, jour de passage de la série «Dinama Nekh».

Daro Thiam, une machine à rire

On étouffe de rire en face de l’actrice, comme devant la personne civile. Daro dans la série « Dinama Nekh », Daro Thiam à l’état civil, est d’un autre genre. Avec elle, c’est zéro stress, 100% délire. Dans son lieu de répétition où on la retrouve, elle est simple. Courtoisie débordante, elle n’en termine pas de saluer par ci, de sourire par là. Confortablement installée dans le salon où elle et sa copine Mounass se jouent des hommes, Daro respire la forme en ajustant ses lunettes. «Ma position vous va ?», demande-t-elle en croisant les pieds.

Native de Pikine Cfa, elle a commencé à faire du théâtre dès le bas âge. A huit ans, alors que ses amis se bousculaient aux portes des établissements, elle flirtait déjà avec sa passion. «J’ai commencé à faire du théâtre à l’âge de 8 ans dans mon quartier, avec les associations sportives et culturelles (Asc). J’ai débuté avec l’Asc Gounass, puis avec l’Asc Ceedo, où j’ai remporté le prix de meilleur artiste.» Daro, c’est aussi cette fille avec ses expressions dont elle seule a le secret. Des expressions qui ne laissent personne indifférent. Dans la série, Daro qui joue le rôle de la copine de Mounass, a toujours les astuces et les mots qu’il faut pour soutirer de l’argent aux copains de celle-ci. «C’est un don de Dieu. Je ne peux pas l’expliquer. Cela vient naturellement. Dès que les caméras s’allument, je me lance et je dis des choses que je n’imaginais même pas. Mais je réussis, avec l’aide de tout le monde.» Ce qu’elle réussit, c’est surtout ce rôle de «mbaraneuse» qu’on lui a confié. Daro perd rarement face à un homme. Mais derrière ce rôle, se cache une fille simple et humble, qui a comme seul objectif de faire rire les gens. «Je suis comme çà dans la vie, j’aime faire rire les gens. Je suis naturelle. Quand je suis chez moi, c’est du rire total. Tout le monde me dit que je suis une comédienne née. Je suis une farceuse. Je suis simple et humble. Si nous avons accepté ce rôle, c’est pour conscientiser nos paires qui le font. Cela n’est pas bien. Nous voulons dire aux uns et aux autres qu’il ne faut pas tromper les hommes et que la place d’une femme c’est dans un ménage. Nous voulons dénoncer les hommes qui laissent leurs femmes chez eux et qui se la coulent douce avec d’autres, alors que leur épouse souffre et manque de tout. Ce n’est pas normal. Nous voulons un éveil collectif.»

Daro, qui avait arrêté, faute de moyens, a été rattrapée par sa passion, qui l’a encore conduite sur les planches. «J’ai longtemps travaillé dans l’ombre. C’est pourquoi les gens ne me connaissaient pas bien. J’ai fait beaucoup de spectacles. J’ai intégré l’Arcots de Dakar. J’ai longtemps assisté au Festival du rire de Kaolack. J’ai joué une pièce qui s’appelle Keur Baye Dame au Grand théâtre. Je subis aussi des formations en spectacles. J’ai trois téléfilms à mon actif : Li ci bouteille-bi, Lago dou dog et la souffrance, avec des troupes théâtrales de Pikine, mais j’ai arrêté quand j’avais 21 ans.»

Passionnée de théâtre : Face à une mère qui rêve de lendemains meilleurs pour sa fille, Daro tourne le dos au théâtre et entame une formation en coiffure. «Faire du théâtre n’est pas facile, j’ai longtemps joué, mais l’argent ne suivait pas. Je le faisais juste pour le bonheur des autres. A un moment donné, ma mère m’a demandé d’arrêter pour aller apprendre un métier. J’ai choisi celui de coiffeuse. J’ai intégré un salon à Pikine, ensuite j’ai été dans d’autres salons.» Mais sa passion ne la quitte pas, Daro pense à comment réintégrer les troupes théâtrales. «Je pensais toujours au théâtre, parce que c’est ma passion. Même quand je suivais des téléfilms à la télévision et que je voyais un artiste commettre une erreur, l’envie de le corriger me torturait. J’avais envie de prendre sa place, parce que je me disais qu’il n’était pas plus fort que moi.» Daro vit avec cette envie. Et un jour, son sauveur arriva. «Je discutais avec ma mère et une de mes grandes sœurs qui vit à Poste Thiaroye et qui avait passé la journée à la maison. Elle a demandé à ma mère pourquoi j’avais arrêté le théâtre, alors que j’avais du talent. Ma mère lui a dit que le théâtre ne nourrissait pas son homme. Sur insistance de ma sœur, ma mère a accepté et c’est ainsi qu’elle m’a confié à Ablaye Sow, qui avait une troupe à Pikine, c’est dans cette troupe d’ailleurs que Thiaba Thiès a fait ses humanités.» Daro jubile. «Je n’en revenais pas, j’étais trop contente, parce que j’allais encore revivre ma passion.»

Cœur à prendre : Une passion qui l’a guidée vers Maïmouna, qu’elle a rejointe à Arcots. Sa rencontre avec Metzo Diatta et Leuz passera par la même Maïmouna. «Mounass est ouverte, disponible et gentille. C’est elle qui m’a mise en rapport avec Leuz et Metzo. Elle a senti qu’on pouvait jouer ensemble.» Ensemble, elles assurent, à la perfection. Elles forment une paire de « Mbaraneuses » qui louent un appartement et qui se paient la tête des hommes. Leur slogan : pas de pitié envers les hommes.

Très bavarde dans la série, Daro est très avare en paroles quand il s’agit de parler de sa vie privée. «C’est ma vie privée» (sic), freine-t-elle, en souriant. Mais comme Daro aime voir les gens rigoler, elle oublie même qu’elle avait dès le début imposé des barrières. Point de mot sur sa vie privée. «Je n’ai pas de copain. Mon seul compagnon est la série «Dina ma nekh». Fan de l’actrice Seune Sène, pour son caractère et sa dignité, dit-elle. Consciente de son succès, Daro ne se prend pas pour autant la tête. Au contraire, elle est très réaliste. «Beaucoup de choses ont changé dans ma vie. Ce n’est qu’un début. J’ai eu beaucoup de connaissances, les gens m’appellent de partout. Je ne me plains pas sur le plan professionnel. Je ne suis pas grisée par ce succès, il y a eu des artistes qui étaient au top avant et il y en aura après nous. Donc, il ne sert à rien de se prendre la tête. Nous avons du talent et nous travaillons avec des professionnels. Nous savions que cela aurait du succès. Nous avons longtemps galéré.»

De sa vie hors des planches, on ne saura rien, Daro est très cachotière. Celle qui se shoote au son de Titi, de Coumba Gawlo et de Pape Diouf, passe son temps libre à tresser, sa deuxième passion.

Fodé Sarr, l’ombre de Mounass

C’est un petit bout d’homme. Fodé Sarr, l’homme qui ne peut plus se passer de Mounass dans la série, est un passionné de théâtre. «J’ai commencé à faire du théâtre à l’école. J’ai attrapé le virus en suivant les téléfilms. Quand on organisait des week-ends culturels, je gérais l’aspect comédie. Je dirigeais les répétitions. C’est ainsi que j’ai fait du théâtre mon métier.» Tout comme Daro, il a intégré la série grâce à Mounass. «J’évolue à Arcots Dakar. C’est Maïmouna qui a fait le casting. Elle a proposé nos services à Leuz et Metzo». Dans la série, Fodé est d’une nonchalance débordante. Il parle à peine. Sa mine fait pitié quand il fait face à Mounass, l’élue de son cœur. «Dans la vie, je ne ma laisse pas marcher dessus. Nous voulons juste conscientiser les gens.» L’homme à l’éternelle écharpe dit ne pas connaître d’où lui vient son inspiration. «Cela vient naturellement. J’improvise toujours. Dina ma nekh est un concept original. Nous avons du talent. Même si je ne suis pas comme cela dans la vie, j’essaie de jouer le rôle qui m’est confié. J’assume pour que tout le monde sache que je m’investis dans ce rôle. C’est le réalisateur qui m’a demandé de mettre cette écharpe. Cela ne me dérange pas.»

Son idole, le grand Cheikh Tidiane Diop de Daray Kocc. «J’ai voulu intégrer sa troupe, mais cela n’a pas abouti. Golbert Diagne aussi m’inspire beaucoup.» Dans la vie, Fodé se définit comme un gars simple. «Je suis naturel. Je suis l’ami de tout le monde, surtout des petits enfants.»

Fodé a fini par faire de Daro et de Mounass ses amies. «Elles sont exceptionnelles. Notre rencontre ne relève pas du hasard. Nous travaillons avec des gens simples. Je ris parfois quand je joue avec Daro. Maintenant, je ne passe plus inaperçu. Le succès de la série ne m’étonne pas. Je travaille avec des professionnels.» Côté étude : Fodé a été jusqu’en seconde et a suivi une formation en télécommunications pendant trois ans. Fan de Youssou Ndour, Fodé l’intello consacre son temps à la lecture.

Mounass, la timide

Cela peut faire rire ou même paraître faux. Mais c’est la triste réalité. Mounass, la grande «Mbaraneuse», amie intime de Daro, est…timide. Celle qui collectionne les mecs dans la série et qui encaisse des sommes faramineuses, n’aime pas trop parler. Quand elle répète, elle se concentre sur l’objectif. «Maïmouna est trop timide», informe-t-elle. Et pourtant, dans la série, Mounass se laisse aller. Elle utilise Daro pour tromper les mecs. Tous les moyens sont bons. Pourtant, quand il s’agit de parler d’elle, elle perd, peut-être, ses mots. Mais entre la réalité et la fiction, le fossé est trop grand. «Ne vous inquiétez pas, la prochaine fois, elle vous parlera», rassure Metzo Diatta.

Adja Fall, l’ennemi de Daro

Elle incarne l’ennemi juré de Daro. Dans la série, la chanteuse Adja Fall est la griotte de Mounass. Elles se livrent une guerre sans merci. L’une et l’autre veulent tirer profit de Mounass. «Je suis une chanteuse, mais je faisais du théâtre à Diourbel dans les navétanes. Et comme j’ai joué dans Un Café Avec, Leuz a encore fait appel à moi et j’ai accepté. Mais la chanson passe avant tout, même si le théâtre a toujours été une passion.» Originaire de Diourbel, elle se définit comme une comédienne née. Celle qui a quitté les bancs après le Bfem pour l’art est cette femme, qui en ces temps durs, aide Mounass dans la série à soutirer de l’argent aux hommes. «En général, on dit que les griots aiment trop l’argent, c’est pourquoi on m’a confié ce rôle. Mais la série ne reflète que la réalité. Je me dispute avec Daro parce qu’elle n’est avec Mounass que pour ses intérêts.» Mais Daro ne se laisse pas faire. Elles se disputent à fond. Entre elle, Daro et Mounass, il y a une parfaite entente. «Des hommes m’appellent pour me dire qu’ils sont amoureux de Mounass et me demandent d’intervenir pour qu’elle soit à eux. Les gens pensent qu’elle est comme cela dans la réalité. Ce qui est faux, elle est même mariée et est très timide.»

Codou BADIANE (l’Obs)

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